Aujourd’hui, la durabilité est une exigence à la fois réglementaire et commerciale. L’UE a adopté une série de règlements qui obligent à repenser la manière dont les emballages plastiques sont conçus, fabriqués et gérés en fin de vie.
Dans cet article, nous passons en revue les concepts, les réglementations et les certifications qui définissent aujourd’hui le cadre de la durabilité des emballages plastiques : du règlement PPWR à la taxe sur le plastique, en passant par les matériaux PCR, la conception monomatériau, l’écomodulation et certains des outils de certification disponibles sur le marché.
Le règlement PPWR (UE 2025/40) : le nouveau cadre européen de l’emballage
Le règlement (UE) 2025/40, connu sous son sigle anglais PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), est le texte législatif le plus important jamais adopté en Europe en matière d’emballages. Il représente un changement d’approche fondamental, ce qui signifie qu’il s’applique de manière directe et uniforme dans tous les États membres.

Bien qu’il soit entré en vigueur le 12 février 2025, ses obligations commenceront à s’appliquer progressivement à partir du 12 août 2026.
Le règlement repose sur quatre axes principaux :
- Recyclabilité obligatoire dès la conception : tous les emballages devront être recyclables par conception avant 2030 et recyclables à l’échelle industrielle avant 2035. Le PPWR introduit une classification de la recyclabilité en trois niveaux : A (plus de 80 % recyclable), B (entre 70 % et 80 %) et C (entre 50 % et 70 %). Les emballages dont la recyclabilité est inférieure à 70 % ne pourront plus être commercialisés à partir de 2030.
- Teneur minimale en matière recyclée (PCR) : à partir de 2030, les emballages plastiques non alimentaires devront intégrer au moins 35 % de matière recyclée post-consommation (PCR). Pour les emballages sensibles au contact alimentaire, le pourcentage est de 10 %, et pour les bouteilles de boissons à usage unique, de 30 %. Ces pourcentages monteront jusqu’à 65 % en 2040.
- Réduction du poids et du volume : des limites sont fixées à l’espace vide dans les emballages (maximum 50 %) et le poids de chaque emballage doit être le minimum nécessaire pour remplir sa fonction.
- Étiquetage harmonisé : à partir de 2028, tous les emballages devront porter des étiquettes harmonisées au niveau européen comportant des informations sur la recyclabilité, et bon nombre d’entre eux intégreront des codes QR renvoyant à la documentation de conformité.
Écoconception : concevoir l’emballage en pensant à sa fin de vie
Le PPWR introduit également la notion d’écoconception comme exigence, en imposant que la conception des emballages intègre dès le départ des critères de recyclabilité, d’utilisation efficace des matériaux et de compatibilité avec les filières de recyclage.
Elle cesse d’être une pratique volontaire pour devenir une obligation réglementaire, puisque les fabricants d’emballages devront démontrer que leurs produits ont été conçus pour être recyclables et pour minimiser l’utilisation de matériaux.
Les principes d’écoconception appliqués à l’emballage plastique comprennent :
- Réduire le poids de l’emballage au minimum fonctionnel, en éliminant la matière superflue.
- Opter pour des structures monomatériau ou des composants facilement séparables.
- Concevoir les couleurs et les additifs de l’emballage de manière compatible avec les procédés de tri optique dans les centres de recyclage.
Conception monomatériau : la base d’un recyclage efficace
Ce concept désigne la conception d’emballages dont tous les composants sont fabriqués à partir du même type de polymère. Face aux structures multimatériaux, courantes dans les emballages complexes, le monomatériau simplifie radicalement le tri et le recyclage en fin de vie du produit.
Ses avantages sont clairs :
- L’emballage peut être orienté vers une seule filière de recyclage, sans avoir à séparer les composants.
- Il facilite le tri automatique dans les centres de recyclage.
- Il permet d’obtenir de meilleures classifications de recyclabilité dans le cadre du PPWR.
PCR : matière recyclée post-consommation
Ce terme désigne la matière plastique obtenue à partir du recyclage des déchets générés par le consommateur final une fois que le produit a rempli sa fonction.
Intégrer du PCR dans les emballages présente plusieurs bénéfices directs :
- Cela réduit les émissions de CO₂ liées à la production de la matière.
- Cela permet aux fabricants et aux marques de respecter les exigences du PPWR et, dans le cas espagnol, d’obtenir des déductions sur la taxe sur le plastique de la loi 7/2022.
- C’est un argument de valeur réel face aux clients et aux consommateurs qui exigent des preuves de circularité.
Chez Industrias Plásticas Triana, nous travaillons activement à l’intégration de PCR dans nos emballages, avec un accent particulier sur les gammes de récipients pour granulés et de distributeurs de comprimés, là où les conditions techniques le permettent.

Plastique, verre ou carton : une comparaison sous l’angle de l’empreinte environnementale
Le débat sur le matériau d’emballage le plus durable est plus complexe qu’on ne le présente souvent. La réponse dépend largement de la méthodologie d’analyse, du contexte d’utilisation, du taux de recyclage du territoire et du cycle de vie du produit.
Le poids, facteur critique
Un facteur rarement mis en avant dans le débat sur les matériaux est le poids par emballage. Le plastique est le matériau le plus léger de tous : un emballage en PP ou en PS peut peser entre 10 et 30 grammes, tandis que son équivalent en verre peut dépasser 200 à 300 grammes. Cet écart de poids a un impact direct et mesurable sur :
- Les émissions de CO₂ générées pendant le transport.
- La consommation d’énergie nécessaire pour déplacer le produit tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
- Le nombre de trajets nécessaires pour distribuer le même volume de produit.
Le plastique, précisément grâce à sa légèreté, permet de fabriquer des emballages à paroi très fine qui protègent tout aussi bien le produit avec moins de matière. Moins de grammes par unité, ce n’est pas seulement moins de poids dans le camion, c’est aussi moins de matière première consommée à la source.
Empreinte carbone et analyse du cycle de vie (ACV)
Les études d’analyse du cycle de vie (ACV) qui comparent différents matériaux d’emballage donnent des résultats nuancés. De manière générale, le plastique présente une faible empreinte carbone grâce à sa légèreté, ce qui réduit sensiblement les émissions liées au transport. Le verre, en revanche, affiche une empreinte de production et de transport nettement plus élevée : il exige des températures de fusion très élevées (autour de 1 500 °C) et pèse plusieurs fois plus que le plastique équivalent.
En revanche, une bouteille en verre réutilisable peut réduire drastiquement l’impact environnemental si elle est soumise à de multiples cycles d’utilisation.
Le carton présente une empreinte de production plus faible que le verre, mais de nombreux emballages en carton sont des structures multicouches combinant papier, aluminium et plastique, ce qui complique leur recyclage et réduit leur recyclabilité réelle. De plus, il nécessite des arbres comme matière première, ce qui implique de gérer l’impact sur les écosystèmes forestiers.

La conclusion qui ressort de la plupart des études est qu’il n’existe pas de matériau universellement supérieur en matière de durabilité. Ce qui est clair, en revanche, c’est que le plastique conçu pour être recyclé et optimisé en poids offre l’un des meilleurs rapports entre fonctionnalité et empreinte environnementale lorsqu’il est correctement géré en fin de vie.
Consommations énergétiques en production
La production d’emballages en polypropylène (PP) ou en polystyrène (PS) par injection est un procédé qui fonctionne à des températures bien plus basses que celles du verre, et qui peut être associé à des sources d’énergie renouvelable et à des systèmes de récupération de chaleur.

Cet écart de consommation énergétique en phase de production est l’un des arguments les plus solides en faveur du plastique dans toute analyse comparative de l’empreinte carbone par unité d’emballage produite.
Pour quantifier tout cela de façon objective, la Commission européenne a mis au point une méthodologie spécifique : l’empreinte environnementale du produit.
Empreinte environnementale du produit
L’empreinte environnementale du produit (Product Environmental Footprint ou PEF) est la méthodologie promue par la Commission européenne pour évaluer l’impact environnemental des produits tout au long de leur cycle de vie.

Pour les fabricants d’emballages, l’empreinte environnementale est pertinente à deux titres :
- Elle sert d’outil interne pour identifier les phases du processus de production qui concentrent le plus d’impact et prendre des décisions d’amélioration éclairées.
- La communication avec les clients, qui exigent de plus en plus de données chiffrées sur l’impact environnemental de leurs fournisseurs d’emballages.
La taxe sur le plastique en Espagne : loi 7/2022 et possibilités d’allègement
La loi 7/2022, relative aux déchets et aux sols contaminés pour une économie circulaire, a instauré en Espagne la taxe spéciale sur les emballages plastiques non réutilisables, en vigueur depuis le 1er janvier 2023. Cette taxe s’élève à 0,45 euro par kilogramme de plastique non recyclé contenu dans les emballages à usage unique.
L’assiette de la taxe est le poids de plastique non recyclé contenu dans l’emballage. Cela signifie que si un emballage intègre de la matière recyclée dûment attestée, ce pourcentage de poids est exclu de l’assiette et n’est pas imposé.
La loi prévoit également des exonérations spécifiques pertinentes pour les secteurs pharmaceutique et de la santé. Sont ainsi exonérés les emballages destinés à contenir ou à présenter des médicaments, des dispositifs médicaux, des denrées alimentaires à des fins médicales spéciales et des préparations pour nourrissons à usage hospitalier, ainsi que les déchets dangereux d’origine sanitaire.
C’est là que des outils tels que la norme UNE-EN 15343 et les certifications de chaîne de contrôle comme ISCC PLUS prennent une valeur pratique directe : ils constituent la preuve documentaire permettant d’étayer les déclarations auprès de l’administration fiscale.
UNE-EN 15343 et traçabilité de la matière recyclée
La norme UNE-EN 15343 est le référentiel qui établit les exigences de traçabilité de la teneur en matière recyclée dans les produits plastiques.

Chez Triana, nous avons obtenu la certification UNE-EN 15343 en mai 2025. Les premiers produits certifiés sont nos pots de 300 ml et 400 ml, fabriqués avec 95 % de matière recyclée mécaniquement. Si un client souhaite cette certification sur un autre produit de notre gamme, nous pouvons l’étudier et l’adapter : la norme s’applique à tout emballage fabriqué à partir de matière recyclée mécaniquement, et nous disposons de la structure de traçabilité nécessaire pour le documenter.

Certification ISCC PLUS : une économie circulaire vérifiée
La certification ISCC PLUS (International Sustainability and Carbon Certification) atteste de l’utilisation de matières recyclées par recyclage chimique et garantit leur traçabilité complète tout au long de la chaîne de valeur. Contrairement au recyclage mécanique, le recyclage chimique permet de valoriser des déchets plastiques complexes qui ne peuvent pas être traités par les voies conventionnelles, en obtenant une matière de qualité équivalente à la matière vierge, valable même pour des applications en contact alimentaire.

Chez Triana, nous pouvons proposer des emballages à teneur en matière recyclée attestée selon la méthode du bilan massique : le client peut demander des emballages avec un pourcentage de matière recyclée, accompagnés de toute la documentation nécessaire pour l’attester auprès de ses propres clients, au regard du PPWR ou lors d’audits de durabilité.
RecyClass : évaluation de la recyclabilité de l’emballage
RecyClass est une plateforme portée par l’industrie européenne du recyclage des plastiques qui propose une évaluation technique et certifiée de la recyclabilité des emballages plastiques. Sa méthodologie évalue si la conception d’un emballage donné est compatible avec les procédés de recyclage existant à l’échelle industrielle en Europe, en attribuant une note allant de A à F.
Contrairement aux déclarations génériques, l’évaluation RecyClass est spécifique à la conception, au matériau et à la couleur. Elle tient compte de facteurs tels que le type de polymère, la présence d’additifs ou d’encres susceptibles d’interférer avec le recyclage, les systèmes de fermeture ou la compatibilité de l’emballage complet avec les centres de tri optique.
Le résultat de l’évaluation RecyClass est aligné sur les critères de recyclabilité du PPWR, ce qui fait de ce référentiel un outil pertinent pour attester de la conformité au règlement européen.
Écomodulation : lier conception et coût
L’écomodulation est le mécanisme par lequel les contributions que les fabricants d’emballages versent aux systèmes de responsabilité élargie du producteur (comme Ecoembes en Espagne) sont ajustées en fonction des caractéristiques environnementales des emballages. En termes simples : les emballages les plus recyclables ou à plus forte teneur en matière recyclée paient des contributions moindres, tandis que les emballages problématiques d’un point de vue environnemental paient des contributions plus élevées.
Cela agit comme une incitation économique directe à investir dans l’écoconception et les matières recyclées : si la conception de l’emballage améliore sa recyclabilité, le coût de conformité diminue.
Exemples : la durabilité en pratique
Chez Triana, nous avons des projets concrets, déjà lancés sur le marché, qui illustrent la manière dont nous intégrons ces principes dans notre offre de produits :
- Distributeur monomatériau
Nous avons mis au point un distributeur monomatériau dont tous les composants de l’emballage sont fabriqués dans le même polymère. Cette conception permet de recycler l’emballage complet dans une seule filière, sans avoir à séparer les pièces, et facilite l’obtention d’une note de recyclabilité optimale.

C’est le type de solution que de plus en plus de marques et de clients demandent : un emballage fonctionnel, doté des performances techniques qu’exige le produit, et conçu dès l’origine pour être recyclable.
- Poudriers en PP
Les poudriers en polypropylène (PP) que nous fabriquons chez Triana sont un bon exemple d’emballage au potentiel réel d’intégration de matière recyclée, en l’occurrence du rPP. De plus, ce matériau est l’un des polymères qui bénéficie de la meilleure infrastructure de recyclage en Europe.
Nous travaillons à la validation technique de formulations comportant différents pourcentages de matière recyclée dans cette gamme de produits, avec pour objectif d’offrir à nos clients une option leur permettant de réduire la charge fiscale de la taxe sur le plastique.

Conclusions
La durabilité dans le secteur de l’emballage plastique est devenue une exigence réglementaire. Le PPWR établit un cadre clair assorti d’échéances précises. Les clients et les marques exigent des preuves certifiées et le marché doit se positionner sur le sujet.
Dans ce contexte, les fabricants d’emballages qui sauront intégrer dans leur offre l’écoconception, les matières recyclées, la traçabilité certifiée et la maîtrise de la réglementation disposeront d’un avantage concurrentiel réel et durable.
Chez Industrias Plásticas Triana, nous sommes engagés sur cette voie. Si vous souhaitez explorer comment appliquer ces critères à vos emballages, contactez-nous.



